Blog de PATRICK REBEAUD


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4 février 2005
L’UFFEJ annonce que les “6èmes Entretiens de Cinéma et d’Éducation Populaire” auront lieu à Pléneuf-Val-André (Côtes d’Armor) du 14 au 19 mars. Le thème: l’altérité.

Au programme: beaucoup de projections, de conférences et de débats. Antoine de Baecque évoquera Tim Burton le 18 mars. Jacques Doillon sera présent toute une journée (celle du mardi 15 mars) pour des rencontres et la projection de “Ponette”. Comme l’a écrit Alain Bergala: “Ponette est un film unique qui ne ressemble à aucun autre dans l’histoire du cinéma et qui tient du miracle...”

Renseignements: 01-42-35-30-25


1er février 2005
Florence Aubenas -envoyée spéciale en Irak du quotidien Libération- et son guide Hussein Hanoun al-Saadi ont disparu depuis le 5 janvier.


Quand des journalistes sont enfermés, réduits au silence, c’est sur tous les citoyens qu’un étau se resserre.


28 janvier 2005
Le Festival Côté court et Yellow Now publient “Une encyclopédie du court métrage français” de Jacky Evrard et Jacques Kermabon.

Ils consacrent un chapitre au cinéma expérimental. Je retiens ces deux passages:

“Il ne peut y avoir d’avant-garde dans un art qui n’a pas encore trouvé sa grammaire.”

“Une bonne partie de l’expérimental moderne revient à l’analyse et à la redécouverte du photogramme comme unité plastique de base, en opposition au plan.”

Ils citent mon nom parmi les réalisateurs qui ont fait des films expérimentaux. Voici -dans la liste des courts métrages que j’ai réalisés ou co-réalisés- ceux qui peuvent être classés dans cette catégorie:

En “image par image”:

“Échec” (1981): Film d’animation avec de la poudre (du sel, en l’occurrence).

“Vernissage” (1981): film d’animation en peinture à l’huile.

“Dégringolade” (1982): film d’animation en pixilation.>>

En prise de vue “continue”, il y a aussi:

“Mais voir apaiserait ” (1980): d’après un poème d’Eugène Guillevic.

“Craignos Crading” (1986): film de marionnettes.>>


28 janvier 2005

Iris, la comtesse de l'Espinasse, s'ennuie dans son château. Elle rêve depuis longtemps d'un voyage au long cours en mer. Mais lorsqu'elle se retrouve enfin sur l'océan, rien ne se passe comme prévu… De son côté, Zora Carpate, la seule femme pirate des mers occidentales, a, elle aussi, quelques déboires.

Ainsi commence “Le cimetière des pirates”, pièces de théâtre pour les très jeunes à partir de 6 ans. Et dans la grande tradition du spectacle pour enfants... le public participe!

Larguez les amarres tous les mercredis jusqu’au 25 mai à 15h30 au Théâtre Darius Milhaud, 80 Allée Darius Milhaud 75019 Paris - Réservations: 01-42-01-92-26


27 janvier 2005
Je n’aimerais pas être dans la peau d’un photographe cherchant à exposer actuellement. Voici pourquoi:

La plupart des expositions présentées un peu partout sont très bien. Les artistes donnent à voir des idées à la fois originales, fortes et subtiles. Cependant, cette belle diversité semble ne pouvoir exister qu’à travers une figure imposée: celle de la série. Le créateur se doit d’imaginer un concept global, parfois une astuce, après quoi roulez jeunesse, on le décline à l’infini, cadre après cadre, mur après mur, d’une salle à l’autre. Pour le visiteur comme pour le photographe, cela provoque un grand confort mental. Une fois l’idée comprise, on peut en apprécier les variations. C’est presque sans risque.

Mais à continuer ainsi, n’en arriverons-nous pas à un fonctionnement trop systématique? La démarche photographique ne risque-t-elle pas à terme de devenir une sorte de logiciel dans lequel on entre une idée par un bout pour en sortir de l’autre une série d’images sans surprises?

Peut-on encore aimer une photo seule? Faut-il nécessairement la comparer avec celle d’à côté? Que se passe-t-il lorsque l’on extrait une seule image de l’une de ces expositions? Peut-on faire une exposition dont chaque image surprendrait par rapport à la précédente?

Si j’étais photographe, je serais le photographe d’une seule image.
http://patrick-rebeaud.ifrance.com


27 janvier 2005
Le livre de Nicky Rivers “L’Anthropologue” (pièce en trois actes) vient de paraître aux éditions L’Harmattan. Il sera présenté le mardi 8 février à 19 heures à la librairie Les Alizés, avec une lecture d’Eve Couturier.

Les Alizés, 74 rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris.


18 janvier 2005
Le site Politis vient de publier le texte d’un débat public entre Jean-Luc Godard et Elias Sanbar.

Godard répond à la question d’un spectateur concernant la distinction entre documentaire et fiction:

“Cette distinction entre documentaire et fiction est un cliché qui dure depuis longtemps. Au contraire, à l’époque des “Cahiers du cinéma”, je me souviens d’une critique de “Moi un Noir “de Jean Rouch qui disait : c’est un très grand documentaire parce que c’est un très grand film de fiction.”


6 janvier 2005
L’émission "Surpris par... la nuit" de France Culture cherche des témoignages sur un sujet encore tabou: le sang des femmes, les règles féminines. Si vous avez envie d'en parler (anonymement ou pas) que ce soient des histoires personnelles, des remarques ou autres considérations, écrivez à: anice.clement@radiofrance.com


1er janvier 2005
Le jour de Noël, quelqu’un m’a dit: “J’ai l’impression qu’il va y avoir un séisme.” Au fil de la journée, j’ai regardé attentivement les informations d’internet, et je n’y ai vu que des articles concernant d’anciens tremblements de terre. L’intuition était donc fausse. Mais le lendemain... le mot tsunami a fait son entrée fracassante dans le vocabulaire courant. La personne qui en avait eu le pressentiment m’a expliqué: “J’avais vu le mot SÉISME s’écrire devant mes yeux”.

Difficile après cette catastrophe d’être léger. Mais cela ne m’empèche pas de vous envoyer mes Meilleurs Vœux pour l’Année 2005. Et puis, après tout, on peut quand même prendre quelques bonnes résolutions qui ne mangent pas de pain. Celle-ci, par exemple: en 2005, nous ne ferons plus les cent pas en va-et-vient lorsque nous téléphonons avec un mobile. Ou celle là: nous ne prononcerons plus le mot “Voilà” à tous bouts de champ.

Sur ces deux points, au moins, nous pouvons faire quelque chose.


23 décembre 2004
Je reçois ce message du groupe “art 112”:

“Nous avons croisé plusieurs fois Alain Gibertie à Périgueux dans les années 80 alors qu'il nous parlait "Infini comme nouvelle cage".
 
Cette rencontre nous avait encouragés dans notre propre démarche artistique et nous lui devons donc quelque chose, aujourd'hui encore, en énergie ou en désir.
 
C'est donc au prix d'une recherche tardive sur internet que j'apprends ce suicide que votre réalisation vient réparer un peu. Perdre, même un partenaire devenu lointain, est toujours une amputation.”


21 décembre 2004
Christian Chesnot et Georges Malbrunot, otages en Irak depuis le 20 août, ont été libérés aujourd'hui.

Scène dans le métro: le 1er septembre, un homme en colère entre dans la rame et s’adresse aux voyageurs: “Les journalistes, ils font les opinions publiques. Ils participent à la guerre. C’est donc normal qu’ils soient au front”.

Or... cet homme vendait des journaux. Je l’ai trouvé emblématique de l’étrange situation faite à la presse actuellement: à la fois indispensable et mal-aimée. On oublie qu’on a besoin d’elle.


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